Fêtes de fin d’année : 10 astuces pour désamorcer les tensions familiales avec l’appproche Relation(s)
Sapins et cadeaux, tables bien garnies et tout le monde souriant sur la photo ? Cette image idyllique de la famille épanouie, nous en rêvons tous. Pourtant, les fêtes de fin d’année sont parfois truffées de tensions, d’appréhensions à l’idée de se retrouver tous. Pourquoi est-ce si difficile et surtout comment aborder les fêtes avec plus de sérénité et d’authenticité ? A la lumière de l’approche Relation(s), je décortique avec vous dix situations complexes et comment il est possible de les déminer.
1. Nous n’avons pas les mêmes avis, nous ne partageons pas les mêmes valeurs.
Pourquoi ça coince ?
La politique, l’état du monde ou de la société : dans notre époque contrastée, faire consensus est un miracle ! Chacun a tendance à défendre ses idées, ses convictions. Les désaccords tournent parfois à l’affrontement.
Les pistes Relation(s) : on est toujours 2 dans la relation
– Faire silence, écouter pour mieux dialoguer :
Sans renier nos positions, il s’agit de laisser de la place à la parole de l’autre. Nous pouvons aussi essayer de comprendre ce qui se passe pour l’autre, lui demander ce qui le touche, ce qu’il défend dans cet avis. Par exemple : « qu’est-ce qui est important de préserver, de protéger pour toi quand tu donnes cet argument ? »
– Accepter de ne pas partager la même opinion :
Par chance, nous vivons encore en démocratie. La liberté de pensée et d’expression sont précieuses. Dès lors que l’on veut préserver la relation, mieux vaut mettre l’accent sur ce qui nous rassemble : les valeurs partagées, les souvenirs joyeux, etc… On peut s’accorder AUSSI sur nos divergences. On peut même proposer un « accord de désaccords ». L’expression n’est pas de moi, mais je la trouve très juste. « je propose qu’on s’accorde éviter les sujets de discorde. »
– Choisir l’humour :
C’est une arme formidable pour qui sait la manier et déminer avec grandeur une situation piège. J’attends vos propositions de réparties mieux que : « allez, on parle d’autre chose, sinon je sors les punching balls » 😉
– Quand l’émotion monte, se relier à ce qui est vraiment important :
Qu’est-ce qui essentiel ? Est-ce d’avoir raison ou de protéger la qualité de la relation ? Il est parfois préférable de baisser les armes temporairement et d’éviter l’escalade de voix et de mots.
– Créer une distraction :
Rien de tel qu’une diversion pour faire baisser la tension. « Et si on allait se balader ? » ou “je crois que c’est l’heure du Père Noël”, de la bûche… je vous fais confiance pour faire fonctionner votre créativité.
2/ les conflits de génération
Pourquoi ça coince ?
Choqué par les tatouages de la petite dernière ? Abasourdi par les choix de vie de notre nièce préférée ? Entre parents, grands-parents, ados et enfants, nous n’évoluons pas aux mêmes âges dans les mêmes bains culturels, sociétaux. Nous avons des vécus différents, des modes de vie incomparables. C’est un terreau très fertile pour les mal-entendus.
Les pistes Relation(s) :
– Prendre conscience de ce qui se passe pour nous …et en parler
Souvent il y a une émotion derrière tout cela. On peut se demander « Qu’est-ce que ça réveille chez moi ? » Est-ce une peur ? Peur d’être mal vue. Est-ce une incompréhension de valeur ?
Rassurez-vous, c’est normal, et c’est comme ça depuis la nuit des temps. Nous pouvons bien sûr nous exprimer sur le sujet, en parlant de soi. il y a de fortes chances qu’on nous répondent « vous êtes d’une autre génération » – expression bienveillante donnée par ma fille dans ces moments de déstabilisation générationnelle- Et c’est un fait. Souvenons-nous : nous avons tous vécu des conflits avec les générations précédentes ! Cela fait partie de la vie. Le plus simple, c’est de s’y préparer et d’accepter (cf point n°1)
Ce peut être aussi riche pour les plus jeunes d’entendre les cadres, les référentiels qui existaient auparavant. C’est une autre façon de partager nos valeurs. En déminant l’aspect émotionnel, soit en l’exprimant, soit avec l’aide d’un peu de sophro, on peut ainsi s’exprimer tranquillement et se donner une plus grande chance d’être entendu.
Si vous faites partie de la génération plus jeune, vous pouvez être curieux de ce qui se cache derrière l’émotion de vos ainés, comprendre le contexte, les histoires. La transmission fait aussi partie de la relation.
– Valoriser ce qui nous rapproche :
S’il y a des divergences entre les générations, certaines choses ne changent pas. On peut aussi être curieux de comment chaque génération a vaincu ses propres conflits de génération : voilà de quoi nourrir les conversations !
3/ Les vieilles rancoeurs non résolues
Pourquoi ça coince ?
Si la famille nous rassemble, c’est aussi le lieu où l’on vit l’altérité, la différence, ne serait-ce que parce que nous sommes TOUS uniques, donc différents. Mais de là naissent de grosses failles. Nous gardons parfois des blessures non résolues, des douleurs enfouies. Parfois elles n’ont même jamais pu être exprimées. L’explosion en pleine réunion de famille, c’est la hantise absolue.
Les pistes Relation(s) : je suis responsable de ce qui se passe sur “mon tapis”
– Y travailler… idéalement avant, sinon après :
Si vous sentez que la douleur est trop difficile, c’est peut être qu’il est temps de s’en occuper : en parler à des personnes proches, bienveillantes et peut être pas concernée par la situation afin de bénéficier d’une vraie écoute. Pourquoi ne pas nous rencontrer pour cela ?
– Oser reconnaitre sa sensibilité sur la situation – plutôt que sur la personne concernée
« Cette situation a été difficile à vivre pour moi » La fête de famille est rarement le bon moment. Mais si l’écoute et la bienveillance sont là, c’est peut-être une opportunité. Je vous invite à lire le livre Relation(s) pour créer les conditions d’un dialogue.
– Respirer, se détendre, danser, prendre l’air, aller marcher…
L’idée est de laisser passer l’émotion et de revenir dans un état plus neutre.
4/ « Je suis tout le temps comparé à d’autres »
Pourquoi ça coince ?
La différence crée parfois la rivalité. Cela remonte peut-être à des temps lointains, il n’empêche que c’est toujours là !
Les pistes Relation(s) : non aux comparaisons !
Ne pas accepter la comparaison -> accepter la différence
Nous sommes tous uniques et différent, mais aussi incomparables ! C’est un principe de base. Mieux vaut simplement reconnaitre que « chacun fait son chemin, à sa façon ».
Choisir la co-existence voire la complémentarité plutôt que l’opposition, la coopération plutôt que la compétition
Il faut de tout pour faire un monde ! Pourquoi être dans l’opposition ? Nous pouvons changer de perspective voir ce qui se complète, et même faire ensemble, autrement ?
Renforcez votre confiance en vous !
On voit toujours ce qui est « mieux chez les autres » avec en sous-entendu « moi c’est moins bien ». Ce qui est profondément faux. Tout le monde a des qualités, des compétences, des dons, des charmes, des atouts, des forces. Avant de vous rendre à ce fameux repas, boostez votre confiance en vous : listez vos aspects positifs, vos réussites. Et souvenez-vous que vous êtes formidables tel que vous êtes.
5/ « Ils ont tellement d’attentes, ça me pèse »
Pourquoi ça coince ?
Vous le savez, chaque année, c’est l’occasion de dresser un bilan, et ça vous met la pression ?
Vous voulez que tout le monde s’amuse, se régale, s’entende bien ? C’est vrai que les moments en famille sont précieux. La pression est considérable sur ces moments que l’on considère comme important. Sauf que la vie ne ressemble pas toujours aux scènes de films de Noël, et vous détestez ça !
Les pistes Relation(s)
– Concentrez-vous sur ce qui compte vraiment pour vous,
Clarifiez ce qui est important pour vous. Vous avez le droit de ne pas avoir les mêmes attentes, les mêmes ambitions, les mêmes valeurs. Posez votre attention sur l’essentiel, ce qui vous porte et vous motive pour les incarner, les exprimer, quoi qu’en pensent les membres de votre famille.
– Faites à votre façon
Ne vous posez pas trop de question sur ce que les autres veulent ou attendent. C’est incroyablement difficile de satisfaire tout le monde, voire impossible. Alors faites les choses avec coeur : la première personne à satisfaire, c’est vous !
– Les critiques ne sont que les avis des autres
Vous pouvez tout à fait assumer vos choix, ce que vous faites selon vos gouts, vos moyens. Par ailleurs, souvenez-vous que la critique concerne une situation, un fait, et non pas vous en tant que personne.
– Mettons en valeur « la perfection de l’imperfection »
Ce qui est imparfait est vivant, poétique, artistique ! Acceptons une marge de manoeuvre et lâchons prise sur la perfection ! C’est peut-être même l’occasion de créer de nouveaux rituels !
6/ « Maintenant qu’il y a un/des absent.e.s… »
Pourquoi ça coince ?
Un décès, une séparation, un éloignement, ça fait des chaises vides et ça laisse nécessairement des traces émotionnelles, des blessures, des malaises.
Les pistes Relation(s)
Faire une place aux absents :
Pourquoi ne pas prendre un temps pour en parler, évoquer le souvenir, allumer une bougie, regarder des photos…
Accueillir l’émotion
Ce qui peut rendre pire que tout les fêtes de fin d’année, c’est l’injonction à la joie. Nous avons aussi le droit de vivre d’autres émotions, y compris la tristesse, en tout cas, de lui faire une place.
7/ « On m’envoie tout le temps des pics, des réflexions »
Pourquoi ça coince ?
Non, la famille n’est pas toujours le lieu parfait. Parfois c’est dur, d’autant plus si on a des attentes de douceur !
Les Pistes Relation(s)
Ne pas prendre pour soi
Accord Toltèque précieux ! La remarque de l’autre le concerne lui : c’est son ressenti, son avis. Pourquoi se sentir toujours concerné, surtout si vous estimez que ça ne sonne pas du tout vrai. Vous pouvez tout à fait dire quelque chose comme « c’est ton ressenti, je le respecte, mais je ne me sens pas concerné »
Désamorcer avec humour
Un « wow tu es en pleine forme aujourd’hui ! » permet l’esquive…
Vérifier l’intention de l’autre
Dire quelque chose comme : « quelle est ton intention avec cette phrase ? » Cela permet de ramener l’autre à la responsabilité de ses dires, et peut être de clarifier les choses !
Exprimer votre ressenti
« Quand j’entends cette phrase, je me sens… » et peut-être pouvoir en parler ?
8/ « On me prend toujours pour un enfant »
Pourquoi ça coince ?
Parfois les parents ont du mal à réaliser que leur « petit » est devenu adulte et garde des comportements infantilisants.
Les Pistes Relation(s)
Affirmer sa place tranquillement :
On peut opter en toute bienveillance pour une remise en place des limites en douceur : « je comprends que tu veuilles m’aider, mais est-ce que ça serait ok pour toi de me laisser faire, de me faire confiance ? »
Valoriser les réussites :
N’hésitez pas à inviter l’autre à observer vos compétences. Cela pourrait même le/la rendre fière !
Et si vous assumiez de nouvelles responsabilités ?
hop hop hop ! On assume sa confiance en soi et on prend le lead ! « Cette année, je serais ravie de m’occuper de la bûche ! »
9/ « Je sens qu’il/elle n’a pas envie d’être là »
Pourquoi ça coince ?
Est-ce vraiment agréable de sentir un désengagement, un désintérêt, une attitude distante ? Bien sûr que non. Mais ça arrive.
Les Pistes Relation(s)
Et si on en parlait sans jugement ?
Les relations familiales ne sont pas simples. Mais le dialogue est souvent la clé. On peut permettre à l’autre d’exprimer ce qui se passe pour lui. Reste à ne pas prendre les choses pour soi et à être dans l’écoute et la compassion.
Proposer un échappatoire, un compromis ?
Si la présence est incontournable, pourquoi ne pas aménager ce temps pour qu’il soit plus léger pour tout le monde ? Changer l’organisation, organiser une sortie, un jeu, accepter de faire plus court ou à un autre moment ? Qu’est-ce qui serait acceptable pour chacun ?
On peut aimer et laisser libre :
Aimer, c’est parfois laisser partir. Obliger l’autre, sous prétexte de traditions et d’usages, est-ce de l’amour ? Oh oui, je sais, c’est compliqué. Mais c’est possible. Je peux garder, moi, l’amour que je ressens pour cette personne. Cela m’appartient et ni lui/elle ni personne ne pourra y toucher… C’est un chemin d’amour inconditionnel… Je vous invite à lire le merveilleux livre d’Eric Emmanuel Schmitt intitulé “Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran” (page 43 en livre de poche)
10/ Ce sujet qu’on n’ose pas aborder
Pourquoi ça coince ?
Maladie, divorce, conflit non résolu : comme un éléphant qui trône au milieu de la pièce, certains sujets s’imposent par le tabou et le silence qu’ils représentent.
Les Pistes Relation(s)
Exprimer ses ressentis et ouvrir la porte en douceur
« Il y a un sujet sensible dont j’ai besoin de parler, parce que ça me pèse. Est-ce que c’est possible de l’aborder juste pour se comprendre » ? Dans ce cas, il est parfois préférable de le faire en comité restreint et vérifier que les autres interlocuteurs sont prêts à la discussion.
Poser un cadre bienveillant
Quelques mots suffisent à cela : « nous ne sommes pas là pour juger. Ce sujet est délicat, nous pouvons vraiment être dans la bienveillance ».
Accepter que tout le monde ne soit pas prêt
Le poids des tabous n’est pas le même pour chacun. Il est possible que certaines personnes soient trop touchées. « Si ce n’est pas le bon moment, je respecte ça ».
Conclusion :
Garder des relations sereines et authentiques n’est pas simple en famille. Cela exige beaucoup d’amour, d’écoute et de bienveillance. Les émotions y sont fortes, souvent à la hauteur de l’attachement que nous éprouvons les uns et les autres. C’est du travail, du soin même. Mais le dialogue authentique vers lequel l’approche Relation(s) invite ouvre à une qualité de relation au bénéfice de chacun, à l’expression délicate de l’amour partagé.































